Rallye et impact environnemental, comment le réduire ?

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Oui, les sports mécaniques sont polluants mais non ils ne sont pas les seuls ! Il suffit de se pencher un peu sur l’impact carbone du Tour de France ou du Vendée Globe pour s’en rendre compte…mais pas question de se disputer sur le sujet ! Tous les sports doivent pouvoir continuer à faire vibrer les foules, mais tous, se doivent de réfléchir à la question.Dans la construction de notre projet de participation au 100% RAS, il a fallu que l’on y réfléchisse ! Alors concrètement, Rallye et impact environnemental, comment le réduire ? On vous présente aujourd’hui les mesures pour réduire notre impact environnemental tout au long du projet.

Limiter les achats et favoriser les pièces d’occasion

Réduire notre impact environnemental, ça commence dès la préparation.

> Coté mécanique : Nous essayons de favoriser le plus possible le remplacement des pièces usagées par des pièces d’occasion ; ça diminue notre empreinte carbone et notre budget … Un exemple : la boite de transfert a été remplacée par une boite d’occasion prise sur un véhicule accidenté alors qu’il n’avait que 15 000 KM au compteur.

> Coté matériel : même chose ; nous avons par exemple récupéré des plaques de désensablement gonflable déjà utilisées sur le Dakar. Nous sommes également à la recherche de matériel de bivouac d’occasion.

> Coté équipement vestimentaire : un inventaire de nos placards s’impose avant d’acheter…et là aussi nous allons privilégier le déjà porté !

Eco-conduite

Zébulon, notre 4×4, tourne au gasoil, donc a première vue pas vraiment dans l’air du temps… Notre objectif pour réduire notre impact environnemental : adopter les principes de l’écoconduite.

  • Optimisation de notre chargement : Pas de superflu, juste le strict nécessaire en équipement mécanique et en effets personnels !
  • Pas de climatisation : Tout le monde nous dit que sans la clim, l’épreuve va être plus difficile car beaucoup plus fatigante…tant pis, on roulera les fenêtres ouvertes !
  • Notre véhicule est révisé, filtres et huiles changés afin d’optimiser sa consommation de carburant.
  • Coté vitesse : le rallye 100% RAS n’est pas une course de vitesse… Le but est d’avoir un rythme le plus régulier possible tout au long de la course. Cela contribue à diminuer la consommation de carburant et là encore, notre trésorier va être content !

Côté hygiène

Là aussi nous pouvons agir pour réduire notre empreinte carbone :

> L’eau : C’est une ressource rare dans le désert Marocain. Sur les 2 bivouacs prévus sur le parcours, la question de la douche ne se posera pas…il faudra s’en passer ! Sur nos autres points de chute, il n’y aura parfois qu’un petit filet d’eau au robinet… Il va donc falloir apprendre à se laver sans eau ou presque…

> Les produits d’hygiène :

  • On va peut-être vous surprendre, mais cela fait de nombreuses années que nous n’utilisons plus de gel douche ou savon… ! 1 gant en fibre de bambou sous la douche suffit, et du liniment oléo calcaire pour la toilette intime. Il peut également être utilisé pour le visage et le corps. Avantages : il n’a pas besoin de rinçage, hydrate la peau et prévient l’apparition d’irritations.
  • Dentifrice biodégradable que l’on va fabriquer nous-même : huile de coco + argile verte + bicarbonate de sodium + huile essentielle de menthe poivrée. Sur les 2 bivouacs, la brosse à dent tout juste humidifiée suffira ! C’est l’action mécanique de la brosse qui élimine les impuretés pas le dentifrice !
  • Shampoing sec de fabrication maison : maïzena + poudre de cacao. Bon Stéphane n’est pas franchement concerné par le sujet :) mais pour Julie le shampoing c’est un vrai problème… Comme pour le gel douche ou le savon, elle a déjà essayé de se passer de shampoing…mais au bout de 7 jours ça devient difficile même avec le shampoing sec… Là, le défi va être de tenir les 15 jours de l’aventure !
  • Déodorant : comment vous dire… !? Sans clim et par 35° dehors…déo ou pas, nous allons transpirer !

> Lingettes jetables ou lingettes réutilisables ? A votre avis ? Eh bien oui, réutilisables évidemment ! Le seul hic…on ne pourra pas les laver sur place…donc il faut prévoir un petit stock…

Tri des déchets

Alors là, ça se complique… ! Au Maroc, le tri des déchets est une vraie problématique. Si la volonté d’amélioration est là, le tri est encore peu présent sur le territoire. Quelques entreprises recyclent des déchets organiques surtout, et les décharges se modernisent progressivement pour répondre aux normes environnementales mais dans la pratique courante, ce sont encore les « chiffonniers » qui récupèrent ce qui peut l’être pour le revendre…

Notre levier d’action pourrait se situer du côté des bouteilles d’eau plastiques… Toute consommation d’eau en dehors d’une bouteille bien fermée lors de l’achat étant à proscrire (à moins de vouloir faire l’expérience désagréable de la « tourista »…), nous allons en consommer beaucoup… Une des solutions envisagées est de ramener en France pour recyclage, nos bouteilles vides. Mais, à raison de 3 à 4 bouteilles par jour et par personnes, difficile de nous engager… A l’arrière du 4×4, tout doit être conditionné dans des tiroirs ou dans des malles attachées…et la place est limitée…

Respect du milieu naturel

Que ce soit en voiture, à vélo ou à pied, il est inadmissible de traverser des zones naturelles en laissant des traces de notre passage derrière nous !

> Ramassage systématique de nos déchets : y compris le papier toilette… pas question de le laisser dans le sable ou sous une pierre !

> Installation au propre pour nos éventuelles réparations mécaniques : pour ne pas laisser de trace d’huile dans l’environnement, nous utiliserons des cartons et tissus absorbants sous le véhicule.

> Faunes, flores, fossiles, le désert Marocain est plein de richesses ! Elles doivent rester sur place pour être admirées par d’autres après nous ! Nous ne vous ramènerons ni fleurs, ni fossiles, ni scarabées en souvenir…pas même un poil de chameau !!!

Au final

Nous aurions pu, tout simplement, opter pour la compensation carbone. Le principe : choisir un projet environnemental et participer à son financement pour compenser l’impact carbone de notre propre projet. 1 tonne de carbone = tant d’euros…

Mais nous avons préféré réfléchir à des petites actions concrètes, qui nous ressembles.

Nous aurions pu faire les deux ? Oui…et nous y travaillons pour notre prochain rallye-raid. Il va falloir calculer au plus près notre impact carbone et il ne se résume pas uniquement à notre consommation de carburant… donc ce n’est pas simple ! Les entreprises ont souvent un service dédié à ce travail ; nous, nous devons nous débrouiller par nous-même… Ensuite, nous souhaitons financer un projet local et qui nous semble vrai ! Le but n’étant pas de financer quelque chose au hasard pour nous dédouaner de notre impact…

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